La chirurgie de l'obésité

Bypass gastrique

L'intervention du bypass gastrique consiste à réduire le volume de l'estomac et à modifier le circuit alimentaire.

 

Les aliments ne passent plus par l'estomac et la partie supérieure du tube digestif, ils vont directement dans la partie moyenne de l'intestin grêle.

 

Il existe 2 types de bypass :

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Le Bypass classique
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Le mini Bypass

 

 

Le mini bypass est une évolution récente du bypass, ses avantages théoriques sont :

  • Une réalisation technique plus facile, donc une intervention moins longue, de ½ h à 1 heure.
  • Un réversibilité totale, relativement simple à réaliser techniquement par coelioscopie.

Les principaux inconvénients du mini bypass semblent être :

  • Un reflux gastro oesophagien (ce problème devrait être en voie de résolution, en utlisant un tube gastrique plus long).
  • La perte de poids à 1 an semble la même qu’avec le bypass, de même que la perte de poids à 5 ans. Les résultats à 10 ans ne sont connus.

Très important : le mini bypass n’a de « mini » que son nom : son mode d’action et ses conséquences sur l’organisme sont les mêmes qu’avec le bypass, le suivi et la prise de vitamines au long cours sont indispensables.

 

Le bypass classique en images de synthèse
Le mini bypass en images de synthèse

 

Le bypass agit par plusieurs mécanismes qui s'associent :

  • Une restriction (comme la gastroplastie)
  • Une malabsorption : les aliments sont moins digérés
  • Un dumping syndrome : (l'ingestion d'aliments très sucrés en quantité importante entraine une sensation de malaise général et une accélération du pouls, ces aliments doivent donc être pris en petite quantité)
  • Une diminution du taux de ghrêline, qui est l'hormone de la faim, ce qui entraîne un désintérêt pour la nourriture (attention : ce mécanisme d'action n'est pas efficace sur les éventuelles compulsions).

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  • Le bypass est une intervention complexe, avec une hospitalisation de 2 à 4 jours en moyenne.
  • Le bypass doit entrainer une perte de poids très importante
    De l'ordre de 5 kgs par mois, pendant les 6 premiers mois, puis une perte de poids de 2 à 4 kgs par mois.
    Il est plutôt indiqué pour des Indices de Masse Corporelle supérieurs à 45.
    D'après les données scientifiques, le bypass fait perdre - en moyenne - 70% de l'excès de poids en 1 an.
  • La dénutrition et les carences vitaminiques ne sont pas rares
    Une supplémentation orale en vitamines et oligo éléments est indipensable.
    La modification du circuit alimentaire est responsable de la diminution de la digestion des vitamines dites "liposolubles" (vitamines A, D, E K), de la vitamine B12 et de certains nutriments et oligo éléments. Ces différents produits devront être apportés en supplément de l'alimentation, sous forme de gélules (ce qui représente un coût d'environ 20 € par mois, non remboursé par la Sécurité Sociale).
  • Le bypass classsique est difficilement réversible, le mini bypass est, lui, relativement facilement réversible.
  • Le confort alimentaire est meilleur qu'avec la gastroplastie
    Les vomissements sont rares.
  • Les habitudes alimentaires doivent être modifiées
    3 repas et éventuellement 2 collations.
  • Les grignotages sucrés sont assez mal supportés, surtout avec le bypass classique
    A cause du ''dumping syndrom'', ce qui est considéré comme un bénéfice par les patients opérés.
  • Un suivi régulier par une équipe multi disciplinaire est obligatoire.
    3 Prises de sang sont nécessaires la première année, puis 1 à 2 prises de sang par an, pour rechercher un déficit vitaminique, une anémie, une dénutrition.

La veille

  • Vous êtes hospitalisé vers 17 heures si votre hospitalisation est prévue le matin.
  • Vous pouvez manger normalement.
  • Vous serez à jeun à partir de minuit.

Le jour J

  • Si votre intervention est programmée l'après midi, vous pourrez rentrer le matin, un petit déjeuner léger est possible avant 8 h.
  • L'intervention nécessite une anesthésie générale complète, elle est réalisée par coelioscopie, elle dure 2 à 3 heures.
  • Après l'intervention, vous passerez quelques heures en salle de réveil, avant qu'on vous ramène dans votre chambre.
  • Vous n'aurez pas de sonde dans le nez. Un petit tuyau (appelé Redon) est mis en place à la fin de l'intervention, il sort par un petit orifice de l'abdomen. Le Redon sert a aspirer les sécrétions et sera retiré à J2 ou J3.
  • Des médicaments contre la douleur vous seront administrés par voie veineuse.
  • Le soir de l'intervention : à jeun.

 

Pour voir l'intervention du bypass en images de synthèse, cliquez ici.

Le lendemain de l'intervention (J1)

  • Vous pourrez boire un verre d'eau après accord du chirurgien.
  • Des médicaments contre la douleur vous seront administrés par voie veineuse.
  • Un kinésithérapeute vous aidera à vous asseoir et fera une mobilisation passive.
  • Si vous participez à notre programme Fast Track, vous pourrez sortir vers 17 h.

La sortie a lieu habituellement le deuxième ou troisième jour après l'intervention

  • Un kinésithérapeute vous aidera à vous lever et vous fera marcher.
  • Le matin, vous pourrez boire un thé, à midi et le soir, une soupe..
  • Vous pourrez quitter l'établissement de soin en fin de matinée.
  • Une ordonnance vous sera remises pour les soins locaux, le traitement de la douleur, des vitamines et des oligo-éléments, ainsi qu'un arrêt de travail de deux à trois semaines, en fonction de la pénibilité de votre activité professionnelle.

Vous pourrez quitter l’établissement de soins en fin de matinée, habituellement à J1 ou J2 après l’intervention.

 

Votre chirurgien vous remettra :

  • Une ordonnance des différents médicaments nécessaires après l’intervention.
  • Une ordonnance pour les soins de cicatrices et les injections d’anti coagulants.
  • Un arrêt de travail de 2 ou 3 semaines, en fonction de votre état général et de la pénibilité de votre activité professionnelle.
  • Un programme détaillé pour la reprise progressive de votre alimentation.
  • Un certificat d’aptitude à la reprise du sport.
  • RENSEIGNEMENTS IMPORTANTS POUR VOTRE SORTIE

    Soins de cicatrice

    Vous avez habituellement 3 à 5 petites cicatrices sur l’abdomen, qui sont refermées des fils résorbables (qui partent tous seuls, cas le plus habituel dans notre équipe), par des agrafes ou des fils non résorbables (qu’il faut faire retirer). Le matériel utilisé dépend de votre âge, de l’épaisseur de votre peau et des habitudes du chirurgien.

     

    Les pansements peuvent être changés tous les 2 ou 3 jours.
    Vous pouvez utiliser des pansements étanches qui vous permettent de prendre des douches sans problème.

     

    Nous vous conseillons d’appliquer matin et soir sur les cicatrices une pommade aux silicones (qui vous sera prescrite à la sortie) en commençant vers le 7ème jour post opératoire.

     

    Votre arrêt de travail

    Le jour de votre sortie, votre chirurgien vous remettra votre arrêt de travail avec vos ordonnances.

    • Cet arrêt de travail est daté du jour de votre sortie, il est de 15 jours ou plus, selon la pénibilité de votre activité professionnelle.
    • Au bureau des sorties, l'assistante vous remettra un "bulletin de situation" daté du jour de votre entrée au jour de votre sortie de l'établissement de soins. il représente l'arrêt de travail pendant votre hospitalisation.
    • Nous vous conseillons de garder l'exemplaire original de l'arrêt de travail et un exemplaire du bulletin de situation.
    • Vous devez envoyer rapidement à votre employeur et à votre centre de sécurité sociale  un exemplaire de l'arrêt de travail et un exemplaire du bulletin de situation.

     

    REPRISE DE L'ALIMENTATION

    Nous avons récemment beaucoup « allégé et raccourci » le programme de réalimentation après l’intervention, le but étant de vous faire reprendre rapidement une alimentation « normale », c’est-à-dire que vous pourrez manger de tout, mais de manière adaptée à votre mini estomac.

     
    L’intervention est encore très proche, Il est indispensable de ne pas « forcer » le système, ce qui pourrait compromettre son efficacité dans les mois qui suivent.

     

    Mangez et buvez toujours très lentement

     
    Nous avons appelé notre nouveau programme de reprise d’alimentation le 1-2-3-4 :

     

    1. 1er jour après l’intervention : un peu d’eau après accord du chirurgien.
    2. Les 2 jours suivants : uniquement des boissons.
    3. Les 3 jours suivants : boissons + alimentation un peu plus consistante (soupe, compote, yaourt, produits laitiers allégés à pâte molle, ...).
    4. Les 4 jours suivants : tous aliments mixés.

     
    Ensuite, vous pouvez manger de tout, en mastiquant bien la nourriture.
    Nous vous conseillons de mixer ou mouliner la viande pendant un mois.

     

    Découvrez votre programme alimentaire sur la semaine suivant votre opération :

     

     
    Important :
    Cette réalimentation après intervention peut paraître rapide. Nous l'utilisons depuis plusieurs mois, sans aucun problème, à la plus grande satisfaction des patients.

     
    Cette reprise rapide de l’alimentation évite en particulier les effets secondaires fréquents liés à une réalimentation plus lente : hypoglycémie et frustration.

     
    Les boissons doivent être prises en petite quantité mais régulièrement au cours de la journée.
    Afin d’éviter un dumping syndrome (malaise, nausées, sueurs, troubles digestifs…) les repas doivent être pris lentement, et ne pas être trop gras ou sucrés.

     
    Dans de rares cas, l’alimentation sera plus progressive, votre chirurgien vous préviendra…

     
    Bon courage, et pas d’inquiétude : tout va bien se passer…

    Le premier mois

    Le premier mois va vous permettre de vous habituer à votre nouveau circuit digestif.
    Mangez très lentement, car il ne faut pas remplir le petit estomac, qui est en train de cicatriser.

     

    Après le premier mois

    Mangez dans le calme à heures régulières

    • Fractionnez vos prises alimentaires en trois repas (et, éventuellement, une ou deux collations)
    • Variez votre alimentation
    • Ne mangez que des petits morceaux
    • Mastiquez longuement, déglutissez plusieurs fois
    • Prenez le temps d'apprécier votre repas. N'oubliez pas que la digestion commence dans votre bouche
    • Buvez le moins possible pendant vos repas
    • À l'apparition d'une sensation de satiété, cessez impérativement de manger
    • Surveillez votre dentition

    Une cuillérée à café de plus pourrait vous faire vomir. Vous n'avez qu'un mini estomac, ne l'oubliez pas.

    Si vous vomissez

    • Soit vous avez trop mangé
    • Soit vous avez mangé trop vite
    • Soit vous avez mangé de trop gros morceaux
    • Soit vous n’avez pas assez mâché
    • Soit vous avez avalé trop vite

    Entre les repas

    Attention au Dumping syndrome : l'ingestion d'une quantité inhabituelle de produits sucrés peut entraîner un malaise général.

    • Évitez les boissons sucrées et, en principe, les boissons gazeuses.
    • Buvez en dehors des repas souvent, par petite quantité, même sans soif.

    Reprenez une activité physique régulière, de loisirs et d'endurance.
    L’activité physique régulière la plus simple est la marche : marchez d'un bon pas mais à votre rythme, l'idéal étant 3 fois 30 à 40 minutes par semaine.
    Un kinésithérapeute peut vous aider. Après le premier mois, vous pouvez reprendre le sport sans aucun problème.

     

    Respectez des heures de sommeil suffisantes.
    Faites-vous éventuellement accompagner au niveau ''gestion du stress''.

    Faites vous suivre régulièrement par votre médecin traitant

    En plus de votre apport quotidien en vitamines et en oligo-éléments, votre médecin vous incitera à optimiser votre alimentation dans le sens d'un meilleur apport en Fer et en Calcium (éventuellement après un dosage de ces éléments).

     

    Attention également à une éventuelle dénutrition protéique. Si vous n'apportez pas suffisamment de protéines à votre alimentation, vous allez maigrir sur vos masses musculaires, alors qu'il serait préférable de maigrir sur votre gras ou l'eau de votre corps. Au pire, vous pouvez subir une dénutrition protéinée, avec baisse des défenses immunitaires et une fatigue, une anémie, une sensibilité accrue aux infections.Bon courage !

    Les complications du bypass sont heureusement rares, mais sont importantes à connaître.

     

    Il est indispensable d'évaluer le risque opératoire par rapport aux bénéfices escomptés de votre bypass,
    avant de prendre la décision de vous faire opérer.

     

    Ce risque est lié à vos antécédents (cardiaques, pulmonaires...) et à la procédure (chirurgie et anesthésie).

    La première semaine

    Des complications opératoires sont possibles, elles peuvent amener à interrompre la procédure : perforation, hémorragie, accolements entre les anses intestinales rendant impossible la montée d'une anse jusqu'à l'estomac, impossibilité d’intubation de la trachée.Deux anastomoses sont réalisées, avec le risque de fistulisation, nécessitant une nouvelle intervention, et d'hémorragie.

     

    Ce sont des complications graves, qui peuvent nécessiter plusieurs semaines d'hospitalisation en service de réanimation, et mettre en jeu le pronostic vital.Les phlébites et les embolies pulmonaires sont prévenues par l’utilisation de médicaments anti-coagulants à faible dose et le port de bas de contention.

    Le premier mois

    Une infection au niveau d’une petite cicatrice est possible.

    Après le premier mois

    Des carences nutritionelles sont possibles :

    En particulier en Calcium, fer, folates et vitamine B12.
    Elles peuvent être responsables d'une anémie.
    Elles sont évitées par un apport supplémentaire par voie orale et des dosages sanguins réguliers.

     

    L'ulcère au niveau du petit estomac :

    Il est évité par la prise de médicaments spécifiques.

     

    La sténose de l'anastomose :

    Elle est révélée par des vomissements.
    Elle nécessite une fibroscopie qui permet de faire une dilatation.

     

    L'occlusion intestinale :

    Elle est révélée par des douleurs abdominales et des vomissements.
    Elle nécessite des radiographies et un scanner pour faire le diagnostic.
    Certaines de ces complications sont urgentes (impossibilité de s'alimenter, vomissements importants...).
    Elles seront toujours mieux gérées dans le centre chirurgical où vous avez été opéré.

     

    Votre dossier est facilement accessible et le chirurgien qui vous a opéré vous connaît

     

    Si vous ne pouvez vous y rendre rapidement, essayez de contacter votre chirurgien,
    qui vous communiquera les coordonnées d'un centre près de chez vous compétent pour vous prendre en charge.

    Echec du bypass

    Rarement l’échec est complet : pas de perte de poids, ou perte de poids minime (10 à 20 kgs), ingestion en quantité importante d’aliments liquides (soupes) ou grignotages compulsifs toute la journée. Ces troubles du comportement alimentaire sont souvent – mais pas toujours – détectables pendant le bilan avant l’intervention.

     

    Ces personnes n’auraient pas dû être opérées, ou auraient dû bénéficier d'un programme de rééducation alimentaire pendant plusieurs mois avant l'intervention chirurgicale. Dans les autre cas, on parle d’échec quand :

    • La perte de poids est inférieure à 50% de l’excès de poids.
    • Le patient est mécontent de son intervention : confort alimentaire diminué, règles hygièno-diététiques trop rigoureuses, suivi trop astreignant.

     

    Les causes d'échec sont toujours :

    • L'absence de suivi médical par une équipe expérimentée.
    • Pas de modifications du comportement alimentaire.
    • Pas de reprise d'une activité physique régulière.

    Ces échecs soulignent l’importance du bilan avant l’intervention et la bonne connaissance des contraintes alimentaires et des résultats escomptés du bypass gastrique.

    Dernière mise à jour le 17 mars 2017